L’industrie allemande mêlée à des affaires de corruption en Grèce

Plusieurs grands groupes industriels allemands auraient versé des pots-de-vin à des responsables grecs en échange de l’obtention de gigantesques marchés publics

L'industrie allemande mêlée à des affaires de corruption en Grèce

iemens, Daimler, Rheinmetall. Ces fleurons industriels qui ont fait laréputation de l’économie allemande sont englués dans des affaires decorruption à grande échelle en Grèce, pays dont l’Allemagne ne cesse pourtant de dénoncer certaines pratiques frauduleuses.

Gigantesque corruption

La comparution de 19 anciens cadres du conglomérat allemand Siemens devant la justice grecque s’annonce comme l’un des procès financiers les plus importants de la décennie en Grèce.

Soixante-quatre personnes au total sont poursuivies pour corruption passive et active et blanchiment d’argent dans le cadre d’une gigantesque affaire depots-de-vin versés en échange de l’obtention d’un juteux marché public.

L’enquête aura duré neuf ans et nécessité 2 368 pages de rapport. Siemens est accusé d’avoir versé plus de 70 millions d’euros à différents responsables pour obtenir le vaste chantier de la modernisation du réseau téléphonique grec à la fin des années 90.

L’Allemagne refuse l’extradition du principal accusé

Parmi les accusés, l’ancien dirigeant de Siemens en Grèce, Michalis Christoforakos. Mais ce Germano-Grec a peu de chances d’être présenté à ses juges. Réfugié en Bavière depuis sa fuite de Grèce en 2009, la justice allemande refuse catégoriquement son extradition, arguant que les faits sont prescrits.

Les relations déjà acrimonieuses entre l’Allemagne et la Grèce ne se sont pas arrangées avec cette décision.

Siemens serait aussi impliquée dans une affaire de corruption concernant lesystème de sécurité des jeux Olympiques d’Athènes de 2004, selon une enquête en cours.

Dommages de 2 milliards d’euros

L’Allemagne aime prendre la posture du bon élève de l’Europe, consciencieux et sérieux. Et n’hésite pas à renvoyer la Grèce à son image de nation gangrénée par les détournements d’argent public.

Or, “la corruption des entreprises allemandes en Grèce est notoire depuis des années même si jusqu’ici, ces affaires n’ont été suivies que quelquefois de poursuites judiciaires”, assure le think-tank de chercheurs German Foreign Policy.

En 2011, au plus fort de la crise économique et sociale, une commission parlementaire avait même chiffré le manque à gagner pour les finances grecques “à deux milliards d’euros”.

L’armement allemand impliqué à plusieurs niveaux

Plusieurs grands noms de l’armement allemand sont également pointés du doigt en Grèce.

Le constructeur automobile Daimler a été épinglé au printemps par la justice grecque qui lui reproche le versement de pots-de-vin lors de l’attribution d’un contrat de véhicules militaires de 100 millions d’euros. Idem pour Krauss Maffei Wegmann qui a fourni des chars Leopard.

Le groupe de défense Rheinmetall a été condamné en 2012 à payer 37 millions d’euros d’amende pour s’être montré généreux avec des responsables du ministère grec de la Défense. A la clé : la vente de son système de défense aérienne pour 150 millions d’euros.

Deux ex-dirigeants de Ferrostaal ont aussi été condamnés et la firme a dû payer 140 M EUR pour avoir versé des commissions occultes pour décrocher des contrats de sous-marins.

Souvent les dommages financiers encourus en cas de condamnation sont plus faibles que les gains réalisés par ces entreprises avec ces contrats douteux, ce qui ne pousse pas à stopper ces pratiques, relèvent des observateurs.

Source : Sudouest

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