Ça vous dérange pas si je regarde, hein ?

Ce scénario n’est pas une exagération, c’est même justement l’exemple qui a été donné par le gouvernement en séance à l’assemblée. Les boîtes noires proposées par l’article L. 851-4 de ce projet de loi regarderont passer tous nos agissements, pour détecter ceux qui ressemblent à des activités terroristes, tels ceux cités ci-dessus. On le voit, et les experts le confirment, les faux positifs seront très probables, on est loin d’une analyse limitée aux terroristes !

* Vous postez une vidéo et vous demandez à un ami de vérifier si elle passe bien chez lui ? L’algorithme de la boîte noire va déjà regarder ce que vous faites d’un peu plus près.
* Vous vous connectez au réseau de votre entreprise de manière sécurisée pour travailler à distance ? L’algorithme confirme le soupçon…
* Vous utilisez un VPN pour travailler avec des collègues outre-atlantique ? L’algorithme envisage le pire !

Il a fallu que d’importants hébergeurs de sites web menacent de quitter le territoire pour que le gouvernement accepte que les boîtes noires ne puissent pas être installées en procédure d’urgence, et que le contenu du trafic ne leur soit pas fourni. Mais sans même regarder le contenu, regarder à quoi ressemblent tous nos agissements, même si c’est une machine qui fait l’analyse, c’est déjà une intrusion très lourde dans nos vies privées, or ce texte permet de le faire pour tout le monde !

Alors bien sûr, on peut avoir envie de faire confiance au gouvernement actuel et penser qu’il n’y aurait pas d’abus dans les quelques années à venir. Mais la loi va rester, alors que le gouvernement va changer, et avec lui éventuellement la qualification “terroriste”. Une fois les boîtes noires mises en place, rien ne nous dit quels algorithmes les gouvernements futurs y mettront. Syndicats, journaux, partis politiques, etc. pourraient se retrouver sous surveillance systématique comme ils le sont déjà en Chine. Avec un tel risque, où est passée notre démocratie ?

Aquilenet s’oppose fermement à cette proposition de loi et a rejoint l’appel à pétition “Ni pigeons ni espions” auprès d’un millier d’autres acteurs du numérique français http://ni-pigeons-ni-espions.fr/

Ce projet de loi est en procédure accélérée, ce qui est incroyable pour un texte touchant d’aussi près à notre vie privée, et seuls 5 députés ont voté contre ces boîtes noires.
Avant le vote final du 5 mai, contactez votre député ! https://sous-surveillance.fr/

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