Manifestations contre l’illégalisation de bars abertzale

Une mobilisation est prévue à Donostia samedi 8 août. Sous le slogan “Ne fermez pas les portes à la culture et à la politique”, les manifestants sortiront dans les rues en soutien aux 107 Herriko Taberna condamnés à fermer par le Tribunal suprême espagnol.

Le samedi 8 août, une manifestation “différente et plurielle” aura lieu à Donostia. Bertsolaris, musiciens, acteurs et membres de la société civile y participeront pour démontrer la valeur culturelle et politique des Herriko Taberna ou bars associatifs du Pays Basque Sud. Cent sept établissements de ce type ont été condamnés à fermer par le Tribunal Suprême espagnol en juin 2015. Les manifestants partiront à 17h30 de la place Gipuzkoa.

La mobilisation organisée à l’ouverture d’Aste Nagusia de Donostia (fêtes de Saint-Sébastien) vise à dénoncer la décision judiciaire rendue publique le 18 juin par le Tribunal Suprême espagnol. Celui-ci ordonnait la fermeture et la vente aux enchères au bénéfice de l’Etat des Herriko Taberna.

La décision aurait pour conséquence la disparition de lieux de rencontre et d’animation ainsi que la perte de travail pour plus de 200 personnes, selon les propos tenus par Joseba Alvarez et Augusto Rodriguez, lors d’une conférence de presse présentant la mobilisation. Représentants de la gauche abertzale, ils ont tous deux été condamnés dans le procès des Herriko.

La justice espagnole avait lancé la procédure dans un contexte d’illégalisation d’Herri Batasuna (HB), Euskal Herritarrok (EH) et Batasuna (partis politiques de la gauche abertzale). Aujourd’hui, 20 militants indépendantistes sont condamnés à des peines de prison allant de 15 à 22 mois et certains d’entre eux se sont vus interdire l’exercice de leurs droits civiques, pour collaboration voire appartenance à une organisation armée.

“Tout est ETA”

Cela fait près de treize ans que le juge de la Audiencia Nacional, Baltasar Garzón, réclamait un procès contre les partis politiques HB, EH et Batasuna, et accusait les bars de servir d’outil de financement aux organismes “satellites d’ETA”. La décision de juin du Tribunal suprême clôture une procédure reposant sur la théorie du “tout est ETA”. Lors de sa sentence, ce dernier avait en partie reconnu que les preuves utilisées contre les militants politiques (lancer des appels à manifester, donner des conférences de presse…) pouvaient donner “une image de jugement politique”.

Nombreuses ont été les voix s’élevant contre ce procès. A différents moments de la procédure, Sortu, Aralar, le Parti National Basque, EH Bildu et Irabazi l’avaient déjà dénoncé. Le syndicat Euskal Langile Abertzaleak (ELA) a qualifié la dernière décision du tribunal de “décision politique”. De plus, des manifestations réunissant la société civile ont été organisées dans divers municipalités pour défendre le “Herriko” local.

Source : Médiabask

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