Victoire de Trump.

C’est la leçon française que l’on peut tirer de cette nuit de folie. Folie parce que les insomniaques qui ont suivi ces événements nocturnes ont vécu ce que les Espagnols appellent une remontada.

C’est-à-dire une équipe, donnée perdante après le match aller, qui remonte son retard au match retour et finit par l’emporter, déjouant les pronostics et les lois de la statistique.

La swing night française

La statistique, c’est bien ce qui a perdu les tenants de notre Système, présents tout au long de la soirée électorale de mardi 8 à mercredi 9 novembre 2016 pour nous expliquer pourquoi « Hillary doit gagner » (titre du dernier JDD), et pourquoi « Hillary va gagner ». Cependant, peu à peu, les petits États du centre tombant les uns après les autres dans l’escarcelle du candidat « clown » – dixit Le Figaro –, les mines pâlissent.

On est d’abord amusé, car il y aura du suspense et c’est bon pour l’audience, et la victoire d’Hillary (on l’appelle Hillary, c’est plus familier) peut attendre… Comme le ciel. Et elle attendra longtemps. Puis on devient inquiet, on passe à la panique, et enfin à l’abattement. « On », c’est évidemment la classe médiatique dans son ensemble, les « politiques » étant trop malins, prudents ou lâches pour afficher leur soutien à Hillary en pleine nuit. Mais certains se sont lâchés en direct…

 

La nuit des longs couteaux du pays profond

Le basculement a eu lieu quand les « swing states » (les États indécis), comme la Floride et la Pennsylvanie, se sont retournés en faveur de Trump, lui donnant les 50 grands électeurs (29 + 20) qui feront tout basculer. Car avec la Floride et la Pennsylvanie, Clinton gagnait, à peu de choses près.

Les rares politiques français qui se sont avancés – on ne parle pas là de leurs déclarations de préférence depuis des semaines – sont l’ambassadeur français aux États-Unis, le suicidé diplomatique du jour puisqu’il parle d’« extrême droite » à propos de la nouvelle Amérique, et Jean-Marc Ayrault, avouant qu’il « essaye de comprendre ». Il serait facile de les traiter d’abrutis, mais leurs déclarations ont le poids de leurs jugements de valeur : ils n’ont rien compris au peuple américain, et rien au peuple français.

Ce qui ressort de cette amusante nuit, c’est la grande peur des journalistes et de leurs fournisseurs d’opinions, à savoir les instituts de sondages et les experts. Tous ont misé sur le mauvais cheval (contre qui ils se retournent désormais), par un réflexe légitime de survie mais aussi par méconnaissance profonde du corps électoral et de ses réactions. Car la Bête, celle qu’ils qualifient d’immonde, s’est cabrée. Et si elle s’est cabrée là-bas, elle peut se cabrer ici. Que deviendront alors tous ceux qui ont craché sur la Bête immonde et, à travers elle, puisque c’est de ça qu’il s’agit, sur le peuple français ?

 

 

Le mot de la fin à Laurence Haïm, qui aura droit, malgré l’effondrement de sa chaîne, i>Télé, et la fin de sa propre émission américaine, à une remarque acerbe du camp Trump, du fait des prises de positions officielles françaises. Sachez que l’Élysée n’avait pas prévu de communiqué de félicitations en cas de victoire de Trump. En revanche, il était prévu pour Clinton. À l’image de Libé, qui avait préparé sa une à 2 heures du matin sur la victoire de Clinton…

Conclusion : pour que la France regagne le respect qu’elle mérite, elle devra changer non pas de dirigeants, mais de Système. C’est possible. La preuve, Raphaël Gluckmann le dit. Si Glucksmann le dit…

Source : E&R

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