Toilettes qui débordent, retards, chaleur : la galère du TGV Paris-Bordeaux

Après la rupture d’une caténaire, un TGV Paris – Bordeaux est arrivé mercredi avec quatre heures de retard, ce qui a fait naître des tensions. Les passagers racontent

arti de Paris à 14 h 28, le train à grande vitesse n° 8591 a accusé un retard de quatre heures à la gare Saint-Jean de Bordeaux, où il se scindait en deux pour rejoindre Hendaye et Tarbes. Après une bonne heure de trajet, le TGV s’est mis à ralentir et a fini par s’arrêter à hauteur de Monts, près de Tours. « L’arrêt du train est dû à l’arrachage d’installations électriques type caténaire », explique l’astreinte chargée de la communication à la SNCF.
Pas d’électrcicité, pas de chasse d’eau…

« Au micro, une voix qui avait l’air plutôt désespérée nous a annoncé que nous nous arrêtions pour une durée indéterminée », témoigne Camille Callen, blogueuse bordelaise plus connue sous le pseudonyme de « Noholita ». Au bout d’une trentaine de minutes, les portes se sont ouvertes pour laisser sortir les passagers. « Plus de 1 000 bouteilles d’eau ont été acheminées sur place », certifie l’astreinte de la SNCF.

Le long des voies, sur les cailloux brûlants, tous subissent la même attente mais les réactions sont différentes. Dans la voiture 9, celle de la blogueuse, les esprits commencent à s’échauffer. « Comme nous n’avions plus d’électricité, la climatisation était inexistante. C’était intenable, la chaleur devait avoisiner les 45 degrés. Il n’y avait pas d’air. » Pourtant, ce n’est pas cela qui semble avoir le plus gêné la voyageuse. Car qui dit absence d’électricité dit pas de chasse d’eau.

Deux bouteilles d’eau pour 30 personnes dans un wagon

« On ne pouvait pas la tirer mais les gens ont continué à aller aux toilettes. Cela a fini par déborder dans le wagon. Il faisait terriblement chaud. Les pompiers sont venus. Lors du ravitaillement d’eau, nous n’avons eu que deux bouteilles d’eau de 50 cl. On était 30 dans le compartiment. Par peur d’en manquer, un groupe de touristes asiatiques a essayé de s’accaparer les deux seules bouteilles d’eau. Les esprits ont commencé à s’échauffer. »

Vers 18 h 15, quand le train est reparti, des passagers sont allés glaner des bouteilles d’eau dans les autres compartiments et les ont partagées avec ceux de la voiture 9, calmant ainsi les tensions.
« Garder sa bonne humeur »

Autre wagon, autre ambiance. Dans la voiture 13, Chantal Redlet a évité de justesse la crise de nerfs. Elle qui prend régulièrement le train enchaîne les déconvenues. « Il y a quinze jours, nous sommes restés bloqués en gare de Nîmes lors de la grosse période d’orages. Et me voilà une nouvelle fois dans un train qui a du retard », constate-t-elle, résignée. Chanceux dans leur malheur, elle et ses compagnons d’infortune obtiennent une douzaine de petites bouteilles d’eau.

« Je dois avouer que je commençais à être passablement énervée, se souvient la passagère, jointe par téléphone. Quand on est descendus sur la voie pour attendre en plein soleil, je m’apprêtais à râler. Finalement, un couple a réussi à garder sa bonne humeur et l’a communiquée aux autres passagers. Il a pris l’ascendant sur le reste du groupe et a de fait canalisé les tensions. Je ne me voyais pas me mettre à râler pour rien. L’envie de m’énerver était passée. »

Des plateaux-repas ont été livrés

Finalement, le petit groupe partage une discussion, fume pour passer le temps. Là, au milieu de nulle part. « Il y avait un Canadien avec lequel on a sympathisé. Le jeune homme a reconnu que les trains français n’étaient pas vraiment opérationnels. Quand on lui a expliqué qu’il allait être remboursé de son voyage, il était plutôt ravi. Il a même pris quelques photos en souvenir », détaille d’un ton amusé la passagère.

Dépanné par deux motrices, le train a lentement rejoint la gare de Châtellerault. « Nos agents ont procédé aux vérifications de sécurité pour s’assurer que la panne n’avait pas lésé le train », précise la SNCF. En gare de Châtellerault, des plateaux-repas ont été proposés aux voyageurs, qui sont repartis à 19 h 45. Avant d’arriver à Bordeaux avec quatre heures de retard et plus ou moins les nerfs en pelote.

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