Quels rôles jouent Obama et Hollande dans la crise syrienne ?

le retour au centre du jeu du président russe Vladimir Poutine modifie la donne, bousculant les positions françaises et américaines. Décryptage.
Que veut et que fait Poutine ?

CE QU’IL VEUT. Lundi 28 septembre, à New-York, il a proposé une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU pour mettre sur pied une coalition politique et militaire internationale « élargie « . Laquelle inclurait Damas et Téhéran, pour combattre Daesh. Une manière pour lui de critiquer la coalition d’une soixantaine de pays, notamment européens et arabes, pilotée depuis un an par les Etats-Unis. « Nos militaires ont compté qu’en une journée, l’Amérique réalise 43 frappes. Mais avec quel résultat ? », s’est-il interrogé. En revanche, s’il n’a pas « exclu » la possibilité de frappes russes contre Daesh en Syrie, mais il a écarté, comme Hollande, l’envoi de troupes au sol.

CE QU’IL FAIT. S’Il a dit envisager un renforcement de son soutien militaire à Damas, les Russes consolident leur présence dans le port syrien de Tartous. Ils construisent aussi une base aérienne près de Lattaquié, le fief du clan Assad dans le nord-ouest du pays. Les satellites américains observent une augmentation de l’activité militaire russe: chars, avions, hélicoptères et jusqu’à 2.000 soldats selon la presse russe. Quant aux livraisons d’armes et d’équipements de défense à Damas, elles s’intensifient.
Que faire d’Assad ?

POUR POUTINE, Assad est un rempart contre les djihadistes de Daesh. Avant de quitter l’ONU, il ne s’est d’ailleurs pas privé de tacler ses homologues américain et français qui réclament le départ du président syrien : ce n’est ni à Barack Obama ni à François Hollande de décider qui doit diriger la Syrie, a-t-il prévenu.

Faut-il s’inspirer de la seconde guerre mondiale ?

POUR VEDRINE, la réponse est oui. Sur France Inter, l’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine fait ce rappel historique : « Quand il a fallu abattre Hitler, on s’est allié avec Staline qui avait tué plus de gens qu’Hitler ». Autrement dit, pour lui également, la solution passe par Bachar al-Assad. Mais aussi par la Russie de Poutine. « On n’aurait jamais dû écarter la Russie. Ce qui est en train de se passer, c’est l’évidence de l’échec de la stratégie occidentale. Les occidentaux, les uns après les autres, sont obligés de revenir à une sorte de réalité que la Russie a un rôle à jouer, qu’elle a des intérêts importants en Syrie et que personne n’arrive à faire plier le régime.

Source : Sudouest

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