Jean-Pierre Pernaut s’est fait suspendre son compte Facebook après avoir critiqué l’Etat et s’en être pris au roi d’Arabie saoudite qui bénéficie de la privatisation de la plage de Vallauris. En l’absence de réaction officielle du géant américain, ce sont les journalistes français qui se sont fait l’avocat du diable en justifiant ce blocage.

Son coup de gueule sur Facebook a eu lieu mercredi: « Je n’ai rien contre la privatisation momentanée d’une plage pour un chef d’Etat. Mais en même temps, pourquoi être si tatillons avec les gens qui entreprennent et avec les touristes +normaux+? »

Alors que la réplique est plutôt bien reprise et partagée par les internautes (à cette heure plus de 4400 partages) avec des commentaires majoritairement positifs, Jean-Pierre Pernaut s’aperçoit qu’il ne peut plus accéder à son compte Facebook. Peu après, l’accès lui est rouvert, il éloigne alors toute hypothèse de censure. Mais le ton de sa voix, ironique, laisse supposer quelques soupçons. 48 heures plus tard l’énigme n’est toujours pas résolue.

Les journalistes, n’ayant pas eu la possibilité d’avoir un commentaire plus détaillé du concerné ni du service de presse de Facebook, se lancent dans une autre actions. Ils commencent à « scroller » les pages twitter et Facebook dans l’espoir d’y trouver quelque chose qui justifierait ce blocage.

Les Inrocks se saisissent alors d’une publication qu’ils jugent « choquante »: un poste partagé par Pernaut intitulé « la France rurale est plus pauvre que les banlieues mais on n’y brûle pas de voitures… ».

Même si pour certains de leurs lecteurs associer la banlieue et les voitures brûlées est déjà un tabou, cela ne suffit pas pour en faire une vraie accusation. Alors ils accusent le journaliste non pas du contenu de l’article, mais du fait d’avoir partagé le poste d’un site douteux considéré comme complotiste par Rue89. Ensuite ils citent Rudy Reichstadt de Conspiracy Watch qui dit que ce site « relaie tout le storytelling russe ».

Je me permets de dire que ce genre d’argumentaire n’a l’air ni réfléchi ni convaincant. Il s’agit d’une manipulation classique argumentum ad hominem qui consiste à discréditer des arguments adverses, sans les discuter, mais en s’attaquant à la crédibilité de la source qui les présente.

Ensuite c’est au tour du Figaro de s’en prendre à la star de l’info:

Le début de leur article est déjà prometteur avec beaucoup de suspens: « Connaissons-nous vraiment celui qui présente chaque jour les informations de TF1? Pas sûr ».

Puis ils parlent du poste FB sur Vallauris comme si c’était un délit flagrant: « en plus de s’énerver contre l’État qui autorise, depuis le 20 juillet, la privatisation d’une plage publique à Vallauris (Provence-Alpes-Côte d’Azur) pour le roi Salmane d’Arabie saoudite, Jean-Pierre Pernaut publie, comme chaque utilisateur lambda du réseau social, divers contenus sur son compte Facebook ».

Ensuite l’argumentation du grand quotidien suit à peu près celle des Inrocks. Visiblement ce dernier article a choqué Pernaut qui, ému, a écrit sur Twitter: « si même le Figaro s’y met… »

Heureusement pour lui, à la différence des journalistes les internautes sont plutôt bienveillants:

Et même la plateforme de débats d’idées du Figaro présente une vision alternative en évoquant la fracture des deux France dont Pernaut représente quand-même une moitié.

Sachant que Jean-Pierre Pernaut n’est manifestement pas un complotiste, ni négationniste de la Shoah, la discussion au tour de ses publications semble tirée par les cheveux. Mais elle pourrait ne pas être sans conséquences. C’est justement quand on exclut les citoyens, disons plus ou moins modérés, du débat en stigmatisant apriori ce qu’ils disent, qu’on nourrit le vrai complotisme.

Source : Sputniknews

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