privés de piscine au camping

À Carsac, en Sarladais, les clients du camping Aqua Viva sont privés de piscine. Entre autres… L’atmosphère devient irrespirable

Dordogne : privés de piscine au camping, les vacances tournent au vinaigre
Quelques vacanciers, lundi matin, regardant l’eau verte de la piscine. ©

thierry dumas
Des vacanciers à bout face à un directeur de camping à cran. Ou deux souffrances qui ne s’entendent pas. Et au milieu stagne l’eau verte de la piscine du camping 5 étoiles Aqua Viva, à Carsac-Aillac (24). Là-bas, la situation vire au cauchemar depuis samedi. « Ils m’ont menacé physiquement, je n’ai jamais vu ça en trente ans de métier. Je suis un passionné, mais là, je n’en peux plus », glisse le directeur Pierre Escudéro, d’une voix – et d’une main – tremblante.Dimanche, ce dernier a affronté la colère de plusieurs dizaines de clients « dégoûtés », « révoltés d’avoir payé pour ça ». « Car il n’y a pas que la piscine », commence Emmanuel. « Le local à poubelles non vidé » pour monsieur, « des blattes dans le mobil-home » pour madame, et on en passe. « Et nous, une animatrice à qui on avait confié notre fils pour une activité l’a perdu », ajoute cette maman. Il a été retrouvé après un quart d’heure de recherches et de stress. « Surtout avec l’étang à côté où il est si facile de tomber… »

C’est la piscine qui cristallise essentiellement les revendications de la clientèle. Lundi, vers 8 h 45, il suffisait d’entendre cette mère de famille, Valérie, expliquer à l’un de ses trois enfants qu’il ne pourrait pas se baigner dans le bassin ce mardi encore. « On est arrivé samedi de Bretagne, quand on a vu ça, on n’y a pas cru. Un 5 étoiles, vous imaginez ? » Son fils est triste. « Et le mien, il a pleuré », souffle Emmanuel, sur les nerfs, limite agressif. « Il ne faut pas m’en vouloir, je suis quelqu’un de calme d’habitude, mais là, ça dépasse tout. »

Alors que s’est-il passé ? Il semble évident que le personnel n’est pas assez nombreux et pas suffisamment formé, même si le directeur, « simple salarié » du groupe hôtelier Tohapi, ne peut le dire trop fort. Et la piscine ? « Avec l’Agence régionale de santé (ARS), on penche pour une surfréquentation ajoutée à la canicule », livre Pierre Escudéro, qui a donné une autre version aux gendarmes de Carlux : « Je suis allé poser une main courante, je n’écarte pas l’acte de vandalisme. »

Restriction d’eau

Pourtant, sur sa note d’information distribuée à l’accueil, il évoque un problème sur une pompe dans le local technique. En attendant que la vérité remonte à la surface, comment calmer la colère et la frustration des vacanciers ? « On a lancé un traitement de choc samedi [NDLR, 60 litres d’eau de javel notamment], en accord avec l’ARS. D’ici 48 heures, l’eau redeviendrait claire. »

 « Je répète ce qu’on me dit : l’eau va revenir »

Sauf que lundi, aucune amélioration n’était notable, malgré la présence d’employés au chevet du bassin. « Je répète ce qu’on me dit : l’eau va revenir », insiste le directeur. « Parmi nous, nous avons un pisciniste qui conseillait de la vider, le coupe Emmanuel. Sinon, ça prendrait des semaines avant de retrouver une eau claire. » « Mais avec la période de restriction d’eau, on ne pourrait pas la remplir à nouveau », précise le directeur, reconnaissant que la piscine est « trop petite » pour la capacité du site frôlant les 1 000 personnes. « On a pour projet de réaliser un parc aquatique, j’ai le dossier, je peux le montrer », lâche-t-il.

Cela ne calmera personne. La garantie d’être dédommagé ferait plus de bien. « Ils doivent écrire au siège à Paris pour cela, je ne peux rien faire, regrette-t-il. C’est la procédure. » « Je ne veux pas être remboursée, gronde cette dame. Je veux être relogée dans un autre camping du groupe à côté, je veux des vacances. » Le directeur promet de faire ce qu’il peut. En fin d’échange, il concède volontiers : « Je suis ici en poste depuis deux ans, et ça fait deux ans que j’entends dire qu’on ne mérite pas nos 5 étoiles… »

Source : Sudouest

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