Brexit, et maintenant ?

La sortie de l’Union Européenne ouvre une période d’incertitude politique et économique pour l’oligarchie.

Une sortie à négocier

La procédure qui doit conduire à la séparation entre la Grande Bretagne et l’Union Européenne est prévue dans les traités européens. L’article 50 du traité de Lisbonne, ratifié en 2009 et appelé « clause de retrait », précise que « tout Etat membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union ».

C’est le gouvernement britannique qui devra se charger d’enclencher ce processus au Conseil européen, sans doute dès le sommet des 28 et 29 juin. Dès lors, deux années de négociation sont prévues dans le cadre de cet article 50 pour définir les modalités de cette sortie. Un délai qui apparaît, pour nombre d’observateurs, bien trop court pour mener à bien cette tâche complexe.

L’affaire s’annonce pour le moins ardue car il s’agit de revenir sur des milliers de règlements communs, législations et autres accords négociés au fil des années. Parallèlement, et pour éviter un vide juridique, de nouveaux textes nationaux devront être adoptés par le gouvernement. De nouvelles agences nationales devront également se substituer à la trentaine d’agence exécutives agissant pour l’UE.

De nouvelles relations à nouer

En attendant la sortie effective, le Royaume Uni restera membre de l’Union. Ses ministres continueront de siéger au Conseil des ministres, ses eurodéputés assisteront encore au séance du Parlement à Strasbourg.

Une fois les modalités du divorce établies, il s’agira de nouer de nouvelles relations politiques et commerciales entre l’Union européenne et une Grande Bretagne devenue un pays tiers. Les entreprises du pays n’auront plus un accès immédiat au marché commun et devront donc acquitter des droits de douane pour chaque transaction.

Un accord de libre-échange ou un accord d’association, à la fois politique et économique, devra être trouvé, comme il en existe par exemple pour la Suisse et la Norvège. La Grande Bretagne devra également négocier de nouveaux partenariats avec les États des autres continents disposants d’accords avec l’UE.

Vers une explosion de l’Europe

Le Brexit risque en outre de mettre en péril l’intégrité de l’Europe. L’effet Brexit n’a pas tardé à se faire sentir dans l’économie mondiale. Ce vendredi matin, toutes les bourses ont décroché. La livre sterling est tombée à des niveaux inédits depuis 1985, jusqu’à 1,3229 dollar, soit une chute de plus de 10% sur la journée.

Parallèlement, et avant même que l’annonce soit officielle, le yen, valeur refuge, flambait: le dollar chutait à 99,04 yens, du jamais vu depuis novembre 2013, contre 106,84 yens auparavant, et l’euro à 109,60 yens, contre 122,01 yens.

Le FMI envisage un scénario défavorable où l’économie européenne sombrerait en récession l’an prochain, entraînant une remontée du chômage.

Destruction d’emplois

L’UE devrait ainsi perdre sa précieuse note AAA, que S&P lui attribue sans discontinuer depuis un demi-siècle, a prévenu l’agence de notation.

Au coeur des turbulences financières à prévoir, la City de Londres risque en plus de perdre de son attractivité. La britannique HSBC et les américaines JPMorgan, Morgan Stanley et Goldman Sachs prévoient de transférer des milliers d’emploi hors Union européenne. Une cure d’amaigrissement qui pourrait porter sur une centaine de milliers d’emplois financiers, d’après la société de lobbying TheCityUK.

Une contagion en Europe

Dans plusieurs pays d’Europe, les eurosceptiques crient victoire ce vendredi matin et appellent à un référendum dans leurs pays sur une éventuelle sortie de l’Union européenne (UE), faisant grandir les craintes sur le futur de l’unité européenne.

« Victoire de la liberté ! Comme je le demande depuis des années, il faut maintenant le même référendum en France et dans les pays de l’UE », a déclaré la présidente du Front National (FN) Marine Le Pen sur son compte Twitter.

Aux Pays-Bas, le député Geert Wilders assure qu’il organisera un référendum s’il remporte les élections de mars prochain et devient Premier ministre : « Nous voulons être en charge de notre propre pays, notre propre monnaie, nos propres frontières et avec notre propre politique d’immigration ».

En Italie, mais aussi en Suède et au Danemark, les eurosceptiques réclament l’organisation d’une consultation populaire sur une éventuelle sortie de l’UE.

Source modifiée du Sudouest

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